L’humanité dans la guerre:
Une initiative mondiale en faveur du droit international humanitaire.
L’humanité dans la guerre:
Une initiative mondiale en faveur du droit international humanitaire.
Nées sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale, les Conventions de Genève sont l’expression d’une puissante conviction : celle que, même en temps de guerre, l’humanité doit être préservée. Adoptées dans le but d’encadrer la conduite des hostilités et de protéger les personnes qui ne participent pas aux combats – notamment les civils, les prisonniers et les soldats blessés –, elles ont par la suite été complétées par une série de traités et de normes de droit coutumier. Le cadre juridique ainsi constitué, appelé droit international humanitaire (DIH) – ou droit de la guerre – établit clairement les règles à respecter dans le chaos des conflits armés.
On recense aujourd’hui quelque 130 conflits armés à travers le monde.
Les règles de la guerre n’ont rien de concepts juridiques abstraits. Pour des millions de personnes prises dans l’étau des conflits, elles marquent la frontière entre la vie et la mort, la dignité et le désespoir. Malgré le consensus mondial dont bénéficient les Conventions de Genève, les règles humanitaires les plus élémentaires sont aujourd’hui largement bafouées sur les terrains de guerre. Les conflits actuels et les destructions effroyables qu’ils entraînent témoignent de l’ampleur des défis auxquels se heurte le DIH lorsqu’il s’agit de protéger efficacement les victimes de la guerre.
Les souffrances dont nous sommes témoins dans les zones de conflit ne sont pas une fatalité. Nous pouvons, avec le soutien résolu des décideurs politiques, combler le fossé qui se creuse entre le droit et la réalité sur le terrain.
-
Les civils doivent être protégés.
Il est illégal de prendre pour cible des civils et des biens de caractère civil, tels que des logements, des écoles et des hôpitaux. Les civils doivent également être protégés contre les effets des opérations militaires.
-
Les malades et les blessés doivent recevoir les soins dont ils ont besoin quel que soit le camp auquel ils appartiennent.
Les blessés, les malades et les naufragés – qu’il s’agisse de civils, de soldats ou de combattants – ainsi que le personnel médical sont protégés par le DIH.
-
Les détenus doivent être traités avec humanité et dignité.
Le DIH protège les personnes privées de liberté contre les mauvais traitements et les actes de violence ou d’intimidation.
-
Les morts doivent être traités avec dignité.
Les parties à un conflit doivent prendre toutes les mesures possibles pour rechercher, collecter et évacuer les dépouilles.
-
Les parties à un conflit doivent faciliter l’accès humanitaire.
Les personnes affectées par la guerre doivent pouvoir accéder à l’aide humanitaire (p. ex. : nourriture, eau, médicaments).
-
Le DIH fixe des limites aux moyens et méthodes de guerre.
Les traités de DIH et le droit coutumier réglementent l’utilisation des armes et en interdisent certaines, telles que les armes biologiques et chimiques, les mines terrestres et les armes à sous-munitions.
-
Les crimes de guerre doivent être punis.
Les États sont tenus d’enquêter sur les violations graves du DIH, de traduire en justice leurs auteurs et de les sanctionner.
La raison d’être de l’Initiative
Il est urgent de réaffirmer avec force que, même en temps de guerre, l’humanité doit être préservée.
L’Initiative mondiale en faveur du DIH a pour but de rétablir le respect des règles de la guerre afin que les Conventions de Genève continuent de protéger de manière effective les plus vulnérables. Alors que les conflits se multiplient et que la culture de la retenue recule, nous plaidons pour le respect de la vie humaine, pour le renforcement du principe de responsabilité, et pour un avenir où les règles de la guerre, loin d’être tombées dans l’oubli, seront toujours appliquées au nom de notre humanité commune.
Bien que les Conventions de Genève aient été universellement ratifiées, les violations des règles les plus élémentaires du DIH sont monnaie courante. Où qu’ils se déroulent – au cœur de grands centres urbains, dans des zones rurales ou depuis la mer –, les conflits contemporains entraînent d’immenses souffrances, des destructions massives et d’importants déplacements de population. Les infrastructures civiles, les hôpitaux et les travailleurs humanitaires sont trop souvent pris pour cible. Le non-respect des règles de la guerre engendre un coût catastrophique sur les plans humain, social, économique et environnemental.
Les règles de la guerre demeurent, mais leur application effective recule, entraînant des conséquences dévastatrices pour les personnes prises au piège des conflits. Ces règles n’ont pas été créées pour servir les puissants. Elles sont là pour protéger les plus vulnérables : les civils pris dans les combats, les blessés sur le champ de bataille, les prisonniers derrière les barreaux.
Nos axes de travail
L’Initiative se veut une réponse concrète à l’urgence de la situation. Notre but : remédier aux crises actuelles et faire en sorte que les règles de la guerre continuent à l’avenir d’être respectées et défendues en tant que cadre juridique essentiel.
Au cours de l’année qui vient, nous allons nous employer à répondre aux défis les plus urgents auxquels le DIH est aujourd’hui confronté.
Les thématiques que nous avons choisies appellent une réflexion et une action concertées. Plusieurs groupes de travail ont ainsi été constitués, qui s’articulent autour des thématiques suivantes.
Nous savons qu’il est possible de faire la guerre tout en respectant les règles qui la régissent. Appuyons-nous sur les bonnes pratiques, apprenons les uns des autres et renforçons notre détermination collective à prévenir les violations systématiques du DIH.
Les hôpitaux, les habitations, les écoles et les services essentiels sont protégés par le DIH. Des violations sont pourtant trop souvent commises, avec un mépris alarmant du droit.
Nous devons réfléchir à la manière dont les règles de la guerre s’appliquent aux nouvelles technologies, ainsi qu’aux défis que pourraient poser les conflits de grande envergure, y compris les opérations militaires conduites en mer.
Tout conflit armé doit être mené dans la perspective d’un retour à la paix. C’est pourquoi il est essentiel de montrer comment le respect du DIH peut contribuer à faciliter les efforts de médiation.
Un appel à préserver l’humanité dans la guerre.
Au nom de toutes les personnes vulnérables en temps de guerre – les civils pris dans le feu des combats, les blessés sur le champ de bataille, les prisonniers derrière les barreaux –, nous refusons l’avènement d’un monde où seule compte la victoire, quel qu’en soit le prix, réaffirmons notre engagement à préserver l’humanité, et appelons tous les dirigeants désireux d’élever le DIH au rang de priorité politique à nous rejoindre.
aux niveaux national, régional et mondial.
de la nécessité d’inscrire le DIH à l’ordre du jour de toutes les discussions relatives aux conflits armés et à la sécurité.
pour répondre aux défis humanitaires les plus urgents posés par les guerres contemporaines et changer la donne sur le terrain en joignant l’action à la parole.
Les participants
À la mi-septembre 2025, 90 États avaient officiellement rejoint l’Initiative mondiale en faveur du DIH lancée par l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, la France, la Jordanie et le Kazakhstan, en coopération avec le CICR.
Alarmés par les violations généralisées du droit international humanitaire dans les conflits à travers le monde et par les souffrances humaines inadmissibles qui en résultent, nous, dirigeants de l’Afrique du Sud, du Brésil, de la Chine, de la France, de la Jordanie et du Kazakhstan, ainsi que le Comité international de la Croix-Rouge, exhortons les États et la communauté internationale à agir.
Les coprésidents jouent un rôle de leadership essentiel : ils encouragent la participation de tous, instaurent les conditions d’un dialogue constructif et contribuent à l’obtention de résultats significatifs dans chaque groupe de travail, en veillant à ce que les discussions restent inclusives, pragmatiques, non politisées et axées sur le renforcement du respect du DIH dans le monde entier.
Les coprésidents s’emploient à créer un espace où les États peuvent partager expériences, bonnes pratiques et solutions innovantes. En coopération avec le CICR, ils supervisent les consultations et orientent les débats vers l’élaboration de recommandations concrètes visant à mieux protéger les civils et à maintenir la pertinence du DIH dans les conflits contemporains.
Sept groupes de travail thématiques ont été créés pour répondre aux défis complexes et urgents posés par les conflits armés contemporains.
Partager les pratiques, notamment dans le domaine de la formation, qui concourent à prévenir les violations du DIH. Il s’agit de diffuser les principes du DIH auprès des militaires, des personnels politiques et du grand public via la formation et l’éducation, ainsi que de promouvoir les pratiques à même d’influencer les comportements en temps de guerre et de renforcer le respect du DIH.
Tirer pleinement parti du pouvoir d’influence de ces commissions en vue d’instaurer une cuture de respect du DIH au niveau national et d’orienter les décisions politiques.
Examiner comment le respect du DIH peut contribuer à limiter les souffrances, à instaurer la confiance, et à favoriser le dialogue, la réconciliation et la paix.
Réfléchir à ce que l’application des règles de DIH implique en matière de protection des infrastructures civiles, p. ex. clarifier la notion d’« objectif militaire » et mieux prévenir les attaques contre les biens de caractère civil.
Réaffirmer la portée de la protection spécifique accordée aux structures médicales et au personnel de santé, prévenir toute utilisation abusive des hôpitaux afin d’éviter qu’ils soient pris pour cible, et garantir la continuité des services de soins.
Construire une vision commune des limites que le DIH impose aux activités numériques menées dans les conflits armés en vue de protéger les populations civiles contre le coût humain potentiel de ces activités.
Répondre aux défis posés par les conflits maritimes modernes et la présence accrue de civils en mer, en étudiant de plus près les répercussions humanitaires de ces conflits sur les personnes et les infrastructures civiles, aussi bien en mer que sur terre.
Un comité consultatif a été mis sur pied pour promouvoir les objectifs de l’Initiative mondiale en faveur du DIH et guider ses travaux.
L’état d’avancement
Il est impératif que la communauté internationale réaffirme son engagement à respecter et faire respecter le DIH dans sa lettre et dans son esprit afin d’atténuer les conséquences des conflits, en particulier sur les civils et les biens de caractère civil. Dans le cas contraire, nous risquons d’assister à une spirale de conflits dont le coût humain, politique, social et économique sera sans précédent.
Les prochaines étapes
Les dernières nouvelles
La réunion de haut niveau de 2026
L’Initiative mondiale en faveur du DIH concerne toutes les situations de conflit armé à travers le monde ; elle s’adresse à toutes les parties prenantes et a pour but de promouvoir l’application universelle et uniforme du DIH. Conscients qu’il incombe au premier chef aux États d’assurer le respect, la mise en œuvre et l’application des Conventions de Genève, les six pays à l’origine de l’Initiative – l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, la France, la Jordanie et le Kazakhstan – ont annoncé qu’une réunion mondiale de haut niveau se tiendrait en 2026, dont l’objectif sera de préserver l’humanité dans la guerre.
Commencer par défendre le DIH au niveau national, en allouant les ressources nécessaires à la promotion et au renforcement du respect de ses règles, notamment dans les conflits en cours.
Intégrer plus avant le DIH dans le droit interne et les politiques nationales de préparation aux conflits (p. ex. : formation adéquate des forces armées et de sécurité, soutien aux commissions nationales de DIH).
Se joindre officiellement à l’Initiative, participer activement aux consultations et inviter d’autres pays à faire de même.
L’Initiative poursuit un triple objectif : premièrement, faire du DIH une priorité politique à tous les niveaux – national, régional et mondial ; deuxièmement, replacer au centre des débats sur les conflits armés l’urgence, pour la communauté internationale, de rehausser ses exigences à l’égard des parties aux conflits afin d’œuvrer à l’application universelle, uniforme et rigoureuse du DIH ; et troisièmement, ouvrir un cycle de consultations sur les défis qui se posent dans certains domaines spécifiques du DIH tels que la prévention des violations et la conduite des hostilités.
L’Initiative conduira à l’élaboration de recommandations concrètes visant à répondre à ces défis. Les travaux aboutiront à l’organisation d’une réunion de haut niveau d’ici la fin de 2026, dont l’objectif sera de préserver l’humanité dans la guerre.
L’année 2025 marque le 76e anniversaire de l’adoption des Conventions de Genève. Universellement ratifiées, ces conventions – et plus généralement l’ensemble des normes de DIH – ont montré au fil des décennies qu’elles peuvent, lorsqu’elles sont respectées, sauver des millions de vies. On constate pourtant que les conflits armés actuels ont des effets dévastateurs, entraînant d’immenses souffrances et d’importants déplacements de population. Les violations des règles fondamentales du DIH demeurent un problème majeur.
Aujourd’hui, beaucoup considèrent que le DIH est à un tournant de son histoire. Face aux défis qui vont croissant, la communauté internationale doit faire un choix : laisser faire, ou s’engager résolument et concrètement en faveur du respect du DIH. Cette initiative, lancée par six États des quatre coins du globe et ouverte à l’ensemble des pays du monde, entend impulser une dynamique nouvelle capable de ranimer l’espoir et de secouer l’apathie. Car non, les violations du DIH ne sont pas une fatalité. Elles peuvent – et doivent – être empêchées.
L’Initiative s’articule autour de plusieurs groupes de discussion. Ceux-ci travaillent en parallèle les uns des autres sur différents domaines spécifiques du DIH qui requièrent une réflexion approfondie et une action urgente. Dans le cadre de ces groupes de travail, des consultations sont menées avec les États et des experts.
L’Initiative conduira à l’élaboration de recommandations concrètes visant à répondre aux défis auxquels le DIH est aujourd’hui confronté.
Tous les États sont invités à se joindre à l’Initiative. Le DIH étant universel, nous espérons que l’ensemble de la communauté internationale se mobilisera pour réaffirmer son engagement à respecter et faire respecter les règles et les principes de ce droit. À cet égard, les États à l’origine de l’Initiative jouent un rôle moteur puisqu’ils ont la charge de réunir les autres États intéressés et de promouvoir plus largement l’Initiative afin d’encourager la participation active de tous.
Les États qui souhaitent soutenir et rejoindre l’Initiative sont invités à en informer directement le CICR. Chaque État pourra prendre part aux consultations et intervenir dans plusieurs groupes de travail. Aucune contribution financière n’est demandée aux États en contrepartie de leur participation à l’Initiative.
Il est également possible d’envoyer un courriel à l’adresse IHLinitiative@icrc.org.
Le CICR a pour mission d’œuvrer à l’application rigoureuse du DIH ainsi qu’à sa compréhension, sa connaissance et sa diffusion, et de préparer tout développement de ce droit. Au cours de son histoire, le CICR a été à l’origine de nombreuses initiatives visant à renforcer le DIH. Celle-ci, lancée conjointement avec six États, est une réponse au constat lucide qu’il faut agir plus résolument pour faire mieux respecter le DIH et prévenir les violations de ce droit.
Le CICR organise les consultations, avec le soutien des coprésidents des sept groupes de travail, et met à disposition son expertise juridique et technique.
Les instigateurs de l’Initiative sont conscients qu’une volonté politique solide est nécessaire pour parvenir à faire mieux respecter le DIH. Conjointement avec le CICR et sa présidente, ils s’emploient à convaincre l’ensemble des États de s’engager résolument en faveur du respect du DIH et de sa mise en œuvre effective.
L’Initiative a pour but d’impulser dans toutes les régions du monde une dynamique politique fructueuse en vue de la réunion de haut niveau qui se tiendra en 2026, et dont l’objectif sera de préserver l’humanité dans la guerre. Dans l’intervalle, des consultations seront organisées afin de permettre aux États et à d’autres parties prenantes de réitérer leur attachement au DIH et de préparer la réunion de 2026. Un comité consultatif a été mis sur pied pour guider les travaux de l’Initiative et s’assurer que les discussions demeurent inclusives, tournées vers l’avenir et solidement ancrées dans les principes humanitaires. Grâce à cette approche globale, le CICR entend revitaliser l’engagement mondial en faveur du DIH, renforcer le respect du droit et mieux protéger la dignité humaine dans les situations de conflit armé.